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Luttons contre les violences faites aux femmes !

Dernière mise à jour : 27 mars


Les Editions Lakalita viennent de publier un livre collectif portant sur les violences basées sur le genre. Ce livre de 352 pages, Jusqu’à ce que mort s’ensuive !, édité le 25 octobre, sera disponible en librairie le 7 novembre 2021 pour célébrer la journée internationale de l'écrivainAfricain. C’est un projet qui a connu la participation d’une vingtaine d’auteur(e)s originaires deplusieurs pays africains (Sénégal, Guinée, Congo, Côte d’Ivoire, Burkina Faso entre autres). Il s’agit des noms tels que : Assamala Amoi, Odome Angone, Aïssata Ba, Kadiatou Baldé, Bénédicte Bidjeck Song, Koumanthio Zeinab Diallo, Ann El Safi, Mariéme Faye, Monique Ilboudo, Fatoumata Kane Ki-Zerbo, Oumou Kane, Fatoumata Keïta, Germaine Anaté Koumaélo, Adan Makina, Ndeye Dieynaba Ndiaye, Berth Ntanga, Yvonne Ouattara, Nathasha Pemba, Cécile Sow, Fatou Warkha Sambe, Aîcha Yatabari, Mamadou Camara, Pape Bakary Cissoko, Papa Ladjiké Diouf, Ndongo Mbaye et le Club des jeunes filles leaders de Guinée.



En effet, ce collectif est composé des victimes de violences basées sur le genre, des écrivain(e)s, des professionnels d’accompagnement et d’autres hommes soucieux d’apporter leurs contributions pour redorer le blason de la condition féminine en Afrique. Dans l’ambition« de réunir, de connecter, et de fédérer les efforts pour mieux combattre ensemble, les violences basées sur le genre » ; ce livre a permis à chacun d’eux d’exprimer sa vision et/ou son expérience sur cette réalité ancrée dans nos sociétés. Dire que l’Afrique est une terre fertile des violences faites aux femmes n’est plus un secret pour personne. Les us et coutumes africaines ainsi que certaines pratiques religieuses ont toujours été taillées à la mesure du patriarcat. Ce qui a rendu la gent féminine vulnérable face aux intempéries de la violence du sexe opposé qui ne ménage aucun effort pour faire valoir sa « virilité » et clamer sa « suprématie ». Des violences, qu’elles soient physiques, sexuelles, morales et psychologiques, les femmes en subissent au quotidien, que ce soit dans la vie publique que dans la vie privée. Malheureusement, elles n’ont pas toujours la force et le courage de raconter leurs frustrations, et manquent parfois des cadres susceptibles de favoriser leur priseen charge et leur accompagnement. C’est en grande partie ce qui justifie la mise en route de ce projet.



Les objectifs de ce livre sont grandioses et sa publication ne marque que le début d’un long projet qui compte faire tache d’huile sur le continent africain. Son ambition « est non seulement de faire une adresse directe aux hommes, mais également d’être une force de propositions pour la conception de politiques sociales en matière de prévention et de protection de toutes les victimes potentielles par l’adoption des positions citoyennes à traversun engagement ferme et sans équivoque pour dire NON face à des pressions ou des injonctions sociales ou institutionnelles si celles-ci remettent en cause les droits fondamentaux de la femme. » (p. 13) Plus concrètement, il est question dans l’avenir « de fédérer une forte mobilisation autour du livre à travers un grand mouvement de sensibilisationauprès de toutes les communautés par l’organisation de rencontres de la société civile, dans les lycées et les universités, dans les entreprises, en définitive, partout où cela s’avère nécessaire ainsi que la création d’un site pour des échanges interactifs, la transmission d’informations majeures, la récolte de signatures et l’organisation de webinaires avec les auteurs disponibles et les personnes-ressources. » (p. 14) Et par ailleurs, « les revenus généréspar la vente du livre seront mis à la disposition de programmes ciblés par l’investissement dans des projets importants et porteurs d’humanité dans les domaines du développement, del’éducation et de la promotion des filles et des femmes, plus spécifiquement sur l’identité, l’histoire, l’estime de soi, et le leadership. » (p. 14)


Ainsi, Jusqu’à ce que mort s’ensuive ! est un projet qui compte participer à la refondation de l’éducation sociale de la jeune fille, et partant de la femme africaine, loin des conceptions stéréotypées qui la relèguent au second plan à cause de son genre. Il est nécéssaire de valoriser la femme africaine dans son ensemble, de reconnaître son apport incontournable dans la construction de l’équilibre sociale, et de célébrer le mérite de façon générale sans distinction de sexe. De ce fait, ce projet vise à relever les femmes victimes de violence, quel que soit son degré, en leur offrant des structures d’échanges et d’accompagnement qui leur permettent de s’exprimer et d’avoir accès à des ressources importantes. Il est également question de promouvoir le leadership féminin, de donner du courage et des armes efficaces aux femmes afin de les aider à lutter pour ce qu’elles ont de plus cher : leur dignité !




Boris Noah



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